Face à la succession des aléas climatiques, à l’augmentation des charges et aux difficultés économiques rencontrées par de nombreux domaines, plusieurs dispositifs de soutien ont été mis en place ou annoncés ces dernières semaines.
Prêts bancaires, aides sur les carburants et les engrais, assurance-récolte ou encore mesures fiscales : voici un point sur les principales possibilités d’accompagnement à connaître.
Certaines mesures sont déjà accessibles, tandis que d’autres nécessitent encore des précisions sur leurs conditions d’application.
Des prêts pour accompagner les difficultés de trésorerie
Les exploitations rencontrant des difficultés financières structurelles peuvent solliciter un prêt de consolidation bancaire, d’une durée de 5 à 12 ans, bénéficiant d’une garantie de l’État à hauteur de 70 % par l’intermédiaire de Bpifrance.
Le montant peut atteindre 400 000 €, voire 600 000 € sous certaines conditions.
FranceAgriMer peut également prendre en charge la totalité du coût de la garantie publique, dans la limite d’un prêt de 200 000 €.
Des offres spécifiques proposées par plusieurs banques
Différents réseaux bancaires ont également annoncé des solutions destinées aux exploitations touchées par les aléas climatiques.
Le Crédit Agricole propose notamment son prêt « Coups-Durs Agri-Viti », pouvant atteindre 50 000 €, avec des taux annoncés entre 2,5 % et 3,5 % selon la durée de remboursement.
Les Banques Populaires proposent des crédits de trésorerie à un taux plafonné à 2,5 %, notamment pour financer certains achats indispensables au fonctionnement des exploitations.
Le Crédit Mutuel et le CIC ont également annoncé un prêt de soutien agricole sur 60 mois, avec des conditions préférentielles.
Ces offres restent soumises à l’étude de chaque dossier et aux décisions des établissements bancaires concernés.
Si votre domaine rencontre des tensions de trésorerie, nous vous invitons à prendre contact avec votre conseiller bancaire afin d’étudier les solutions réellement accessibles à votre exploitation.
Des prêts à taux zéro annoncés, mais des conditions encore attendues
Le Gouvernement a également annoncé son intention de prendre en charge les intérêts de certains prêts de trésorerie liés aux conséquences de la sécheresse et des fortes chaleurs de l’été 2026.
L’objectif serait de permettre aux exploitations éligibles de bénéficier de l’équivalent d’un prêt à taux zéro.
Cette mesure ne doit pas être confondue avec la demande d’année blanche bancaire portée par les Vignerons Indépendants, qui vise à reporter les échéances de remboursement existantes, sans obliger les domaines à contracter de nouveaux emprunts.
GNR et engrais : des dispositifs prolongés
Concernant le gazole non routier (GNR), une réouverture du guichet est annoncée pour les exploitants n’ayant pas pu déposer leurs demandes au titre des mois d’avril, mai et juin.
Le dispositif d’aide est également annoncé comme prolongé jusqu’à la fin de l’année 2026.
Pour les engrais, le guichet d’aide doit lui aussi être prolongé jusqu’à fin décembre, avec un assouplissement des justificatifs permettant d’enregistrer une demande avant de transmettre la preuve définitive du paiement.
Les conditions propres à chaque dispositif restent applicables. Nous vous invitons donc à vérifier votre éligibilité avant toute démarche.
Assurance-récolte : vers une simplification du paiement
Pour les exploitations disposant d’un contrat multirisque climatique éligible, l’aide publique peut couvrir 70 % de la part subventionnable de la cotisation d’assurance-récolte.
Des travaux sont actuellement engagés afin que cette aide puisse être directement déduite de la cotisation payée par l’agriculteur.
Une évolution qui permettrait, si elle aboutit, de limiter les avances de trésorerie demandées aux exploitants.
Fonds de réarmement agricole : la Fédération reste attentive à la situation du 13
Le Gouvernement a également annoncé la mobilisation d’une réserve complémentaire de 21 millions d’euros dans le cadre du fonds de réarmement agricole.
La viticulture est citée parmi les filières en difficulté susceptibles d’être concernées, mais l’accès effectif des exploitations dépend des critères et des modalités retenus localement.
Dans les Bouches-du-Rhône, la Fédération poursuit ses démarches auprès des services de l’État afin d’obtenir des précisions sur la prise en compte des pertes viticoles et les possibilités d’accompagnement de nos domaines.
Nous continuerons à vous tenir informés des réponses obtenues.
La Fédération reste mobilisée
Ces différents dispositifs peuvent apporter des réponses à certaines situations, mais ils ne règlent pas l’ensemble des difficultés rencontrées par nos exploitations.
La Fédération des Vignerons Indépendants des Bouches-du-Rhône reste pleinement mobilisée, aux côtés de la Confédération, pour défendre des mesures adaptées aux réalités économiques de nos domaines, notamment la mise en place d’une véritable année blanche bancaire.
Si vous rencontrez des difficultés ou souhaitez être orienté vers un dispositif d’accompagnement, n’hésitez pas à nous contacter.
Notre rôle est aussi de vous aider à identifier les solutions possibles et de porter vos difficultés auprès des interlocuteurs compétents.
